Focus : les offres d'emplois en 2020 et les profils de fonction en gestion et préservation de l'info

Un secteur porteur d’emplois

Il ne faut qu'un coup d'œil aux nombreuses offres d'emplois relayées notamment sur notre page Facebook pour se rendre compte que le secteur de la gestion et préservation est porteur d'emploi.

En 2020, ce n'est pas moins de 711 offres d’emplois publiées sur le site web de l’ABD-BVD dont 65 concernaient des emplois d’archivistes accessibles aux francophones.

Découvrez ci-dessous l’analyse d’Anne-Catherine Demeulder, administratrice de l’ABD-BVD sur les offres d’emplois destinées aux archivistes francophones et découvrez prochainement dans les cahiers de la documentation le baromètre de l’emploi 2020.

2020_ABD_Article offre d'emploi Archivistes
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Le(s) profil(s) de compétences : résultat de l’enquête de l’AAFB


Lorsqu’on parle d’offre d’emploi, la question du profil est incontournable.

Nuage de mots-clés des intitulés de fonction (ABD-BVD)

Si dans certains secteurs, les profils de fonction sont facilement identifiés, ce n’est pas le cas pour le secteur de la gestion et préservation de l’information. Effectivement, on retrouve une multitude de titre pour désigner les profils de fonction en la gestion et préservation et une multitude de profils de compétences. Ce flou autour du profil des professionnel·les de la gestion et préservation de l’information n’est pas favorable à la reconnaissance des compétences et à la professionnalisation de notre secteur. Pour remédier à cela, l’AAFB demandait dans son mémorandum la « diffusion d’un référentiel de « fonction des métiers de la gestion de l’information » (revendication n°6). Il faudrait pouvoir identifier plusieurs profils de fonction au niveau des administrations, en définissant les filières de formation potentielles, les tâches et compétences attendues, ainsi que la reconnaissance dans les échelles barémiques de la fonction publique.


Dans notre enquête du secteur réalisée entre juin 2020 et février 2021, nous vous avons questionné également cette question des profils de compétence. Il en ressort que les profils de fonction communs et les référentiels de compétences sont perçus positivement, au vu de l’hétérogénéité des titres de fonction. L’uniformisation des profils permettrait de visibiliser la profession et d’améliorer la communication (notamment dans l’accompagnement du changement ou la compréhension des besoins-métiers). Néanmoins, l’uniformisation des profils n’apparait qu’en troisième place (8%) pour favoriser l’uniformisation des pratiques au sein du secteur. Devant l’uniformisation des profils, nous retrouvons l’établissement et la mise en œuvre effective de normes communes (45%) ainsi que la mise en place d’outils de gestion de l’information en vue d’une meilleure préservation de l’information (44%).


Si de prime à bord, la mise en place d’un référentiel de fonction semble aisée. En pratique, cela peut s’avérer plus compliqué en fonction du contexte de l’institution. Lors de notre enquête, nous vous avons interrogé sur votre perception du ou des profils idéaux pour gérer et/ou valoriser les informations. Vos retours ont été très variés et indiquent une multitude de contexte et d’approche du métier d’archiviste et de gestionnaire de l’information. Deux types de profils ressortent d’une part les profils généralistes de type « couteau suisse » et des profils spécialisés.

Les profils généralistes combinent généralement des compétences complémentaires telles que :

  • Des compétences offertes par une formation d’historien (méthodologie en recherche de l’information, compréhension de l’intérêt à long-terme, etc.).

  • Des compétences en gestion archivistique (dont les questions de préservation physique et numérique et la gestion des documents / records management).

  • Des compétences juridiques permettant de comprendre et appliquer les différents textes légaux dont le RGPD, les questions d’open data ou de simplification administrative pour les acteurs publics).

  • Des compétences en informatique voire plus spécifiquement une formation en gestion des informations numériques afin de mettre en place un GED/SAE.

  • Des compétences relationnelles, en communication et en pédagogie pour les aspects liés à la valorisation mais aussi pour expliquer l’intérêt de la gestion des archives et de l’information.

  • Une capacité à comprendre et à analyser les besoins d’une organisation, en ce compris des compétences en gestion de projet, de processus et d’accompagnement du changement.


Quant aux profils de fonction spécialisés, on retrouve des propositions telles que :

  • Un·e historien·ne spécialisé·e en archivistique afin de traiter des fonds d’archives aux volumes importants.

  • Un·e gestionnaire de dépôt en charge de la gestion quotidienne (ainsi, parfois des aspects administratifs et comptables).

  • Un·e responsable de la protection des données (DPO)

  • Un·e « e-archiviste », orienté·e exclusivement vers le numérique et doté de compétences solides en informatique et expert en conservation numérique.

  • Un·e documentaliste scientifique.

  • Un·e communicant digital.

  • Un·e bibliothécaire


Ces premiers résultats nous montrent que les professionnel·les de la gestion et préservation de l’information doivent avoir des compétences spécialisées et variées. Il n’est donc pas simple pour une institution quelle qu’elle soit d’établir le profil de fonction et de procéder à l’engagement de gestionnaires de l’information et d’archivistes, d’autant plus que l’offre de formation actuelle fait défaut. Cette dernière doit notamment être renforcée dans les universités et les hautes-écoles : malgré les efforts fournis ces dernières années par plusieurs établissements d’enseignement, l’offre actuelle de formation en Fédération Wallonie-Bruxelles est insuffisante et n’est pas assez en adéquation avec les besoins du marché. Une augmentation de la durée des stages et une intensification des interactions avec les professionnel·les du secteur sont indispensables pour répondre aux besoins, mais également un effort particulier dans le développement des compétences numériques, juridiques, managériales et communicationnelles.

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