Archivistes

Le 14 novembre, nous avons invité nos membres à visiter l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA). Une dizaine de personnes étaient présentes pour l’occasion.

Dès notre arrivée, nous avons été chaleureusement accueillis par Julie Mauro et ses collègues, autour d’un café. La matinée s’est ensuite déroulée en deux temps.

Pour commencer, l’équipe de l’IRPA nous a proposé une présentation complète de l’infothèque de l’institution et de la cellule durabilité. Les différentes interventions ont été prolongées d’un riche temps d’échange avec le public présent. Cette première partie a eu lieu dans une confortable salle de conférence située près de l’entrée du bâtiment.

Ensuite, nous avons profité d’une visite du bâtiment et de ses lieux clés. Lors de celle-ci, nous avons pu croiser quelques professionnels occupés qui ont gentiment pris le temps de nous expliquer certains aspects de leur travail.

L’infothèque et la cellule durabilité

Fondée en 1948, l’IRPA compte aujourd’hui une équipe de 130 personnes et trois départements (conservation-restauration, laboratoire et documentation) soutenus par une équipe de communication et de développement ainsi que les services d’appui.

Le département documentation (Infothèque) comprend la bibliothèque, la photothèque, le service d’archives, le service numérisation et le service publication. Les responsables de la bibliothèque, des archives et du projet de digitalisation ont chacune proposé une présentation très complète de leur travail.

La bibliothèque

Les ouvrages inventoriés à la bibliothèque de l’IRPA concernent essentiellement la conservation-restauration des œuvres d’art, les laboratoires scientifiques et les techniques et l’histoire de l’art en général.

Les tâches principales des bibliothécaires sont réparties entre la gestion des acquisitions, la classification et la maintenance ainsi que le service au public.

La bibliothèque poursuit actuellement de nombreux projets. Toutefois, elle doit faire face à une diminution drastique de ses budgets (-55 % en deux ans). Pour faire face à cela, le personnel a dû mettre en place une série de réajustements et faire preuve de flexibilité et créativité.

Les archives

Ce service traite les archives de l’institution, des articles presse et autres communications concernant l’IRPA ainsi que les dossiers d’intervention. Dans ces derniers se trouvent tous les documents faisant état des interventions de restauration faite à l’IRPA. Au nombre de 20 000, ces documents sont de véritables mines d’or concernant l’histoire de la restauration d’œuvres d’art.

Ces dossiers sont également sollicités au quotidien puisqu’à chaque fois qu’une œuvre transite à l’IRPA pour une restauration, les professionnels qui la prennent en charge doivent disposer de son éventuel dossier, afin de se tenir informés des différentes manipulations ayant déjà eu lieu. Cela les aide à prendre les décisions adéquates en termes techniques et leur permet de consigner leurs propres interventions.

Le service mène plusieurs projets de front. Le dernier en cours concerne la restructuration de du dépôt d’archives selon les propositions de la méthode Re-ORG. Créée par l’ICCROM, cette dernière est une approche par étapes qui vise à aider les personnes qui travaillent avec des collections culturelles à réorganiser leurs espaces de réserve.

Le service Digit

Le service Digit de l’IRPA a pour projet la numérisation de l’ensemble de la photothèque de l’institution qui compte plus d’un million de photographies datant de 1880 à nos jours. Le travail est colossal et actuellement, la priorité est donnée aux négatifs qui présentent un risque de dégradation plus important.

BALaT et BALaT+

BALaT est la base de données en ligne qui fait état des collections de l’IRPA. À terme, celle-ci fera état des photos des œuvres, des dossiers d’intervention, des analyses et données des laboratoires, des photos scientifiques et des livres. Aujourd’hui, une équipe travaille à une nouvelle version (BALaT+) de l’outil, qui devrait être mis en ligne en 2026. L’objectif est de rendre la base de données plus facile d’usage, mais également de faciliter l’encodage des nouvelles données, en passant par un nouveau logiciel plus récent et en adéquation avec les normes actuelles.

Cellule Durabilité : Projet CHrisis

Le projet CHrisis a été lancé par la cellule durabilité de l’IRPA à la suite des inondations de 2021. Il propose un suivi et une analyse des sauvetages d’œuvres patrimoniales lors des inondations. Grâce à celui-ci, de nombreuses études techniques et scientifiques ont été menées avec pour objectif celui d’améliorer notre prise en charge du patrimoine en cas d’extrême urgence. Le rapport sera publié d’ici janvier 2026.

Visite des lieux

Après cette conférence et de nombreux échanges, nous avons pu bénéficier d’une visite guidée des lieux. Nous avons découvert la bibliothèque et ses rayons, avant de nous rendre dans l’atelier de restauration de peintures où nous avons rencontré une restauratrice à l’œuvre, occupée à travailler sur la peinture d’un primitif flamand du 16ème siècle. Un tel travail est colossal puisque cela fait déjà plus de six mois que trois professionnelles travaillent en alternance sur ce tableau. Six mois supplémentaires seront encore nécessaires pour arriver au résultat voulu. Tout projet de restauration, à l’IRPA, fait l’objet d’un travail collaboratif important et aucun choix n’est posé isolément. Chaque cas est préalablement étudié en atelier et plusieurs réunions sont parfois nécessaires pour déterminer les procédés à suivre lors d’une restauration. Durant cette phase, les dossiers d’intervention sont de précieux alliés. Grâce à eux, il est possible de retracer l’Histoire de l’œuvre et des actes techniques dont celle-ci a déjà fait l’objet.

Nous avons ensuite eu accès aux locaux du service DIGIT, qui mène avec minutie et patience un travail de numérisation des négatifs. Pour obtenir des résultats de qualité, chaque étape est cruciale. Les gestes sont précis et habiles et le matériel utilisé de grande qualité. Pour certains négatifs abîmés, il convient de travailler au cas par cas dans le but de garder un équilibre entre la qualité de la numérisation et la conservation du négatif original. Aucune décision n’est prise au hasard.

Le groupe s’est ensuite dirigé vers le dépôt d’archives actuellement en passe d’être réorganisé. L’IRPA a pu faire l’acquisition de nouvelles étagères d’occasion, et l’espace a été repensé avec l’aide de la méthode Re-Org. Bien que le travail soit encore en cours, on devine déjà la nouvelle configuration du lieu.

La visite s’est terminée dans le laboratoire et le local des échantillons. De nombreux prélèvements sont réalisés sur les œuvres restaurées à l’IRPA. Ceux-ci sont essentiels pour aiguiller les restauratrices dans leur travail. Ces échantillons permettent d’identifier, entre autres, les différentes matières qui composent une œuvre donnée. Il est important de conserver ces échantillons et impératif de pouvoir les retrouver facilement, au besoin.

Comme chaque année, la visite a été suivie d’un moment convivial autour d’un bon repas. Nous remercions chaleureusement l’équipe de l’IRPA de nous avoir permis de bénéficier de cette visite de qualité ainsi que les membres qui étaient présents pour en profiter !